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Chronologie : 1973 - 1977

1973

Mars-avril : Xenakis donne des cours à l’université de Montréal comme « professeur éminent invité ».

13 avril : création de Eridanos au Festival de La Rochelle par l’Ensemble européen de musique contemporaine dirigé par Michel Tabachnik.

1974

21 mai : création de Erikhthon à Paris par Claude Helffer et l’orchestre de l’ORTF, dirigé par Michel Tabachnik.

20 juin : création de Cendrées à Lisbonne par le choeur et l’orchestre de la Fondation Calouste Gulbenkian placés sous la direction de Michel Tabachnik. Ces musiciens donnent en deux concerts neuf autres œuvres de Xenakis.

Juillet : création de Gmeeoorh (version 61 touches) à Hartford University (Connecticut) par Clyde Holloway.

19-22 septembre : rétrospective Xenakis lors des Beethoven Festspiele à Bonn : une trentaine d’œuvres sont données, dont Antikhthon et Gmeeoorh (version 56 touches) en création, respectivement par l’orchestre de la Radio de Cologne dirigé par Michel Tabachnik et Xavier Darasse. Une exposition sur le compositeur est également présentée ; elle sera prêtée l’année suivante à l’English Bach Festival.

« À quelques minutes de Cologne, où règnent depuis longtemps d’autres musiques du futur, cet hommage prend une signification de poids. »

Maurice Fleuret, Le Nouvel Observateur, 30 septembre 1974.

16 octobre : création à Paris de Noomena par l’Orchestre de Paris dirigé par sir Georg Solti.

23 octobre : création de Evryali par Marie-Françoise Bucquet au Lincoln Center de New York.

Novembre : Xenakis retourne en Grèce après la chute du régime des colonels et les élections du 17 novembre.

« Il y aura ces passants qui traversent la rue pour serrer avec effusion la main du héros, s’embrouillent dans quelques mots de bienvenue et restent figés par tout ce qu’ils ne peuvent exprimer. Il y aura cette petite vieille qui fend la foule et s’en vient doucement poser la main sur la cicatrice tragique, comme elle ferait sur une icône. Il y aura ces cantonniers de Leonidion, loin dans le Péloponnèse, qui le reconnaissent au passage, nous arrêtent et lui font fête. [...] Je suis sûr que Xenakis ne s’attendait pas à être reçu, admis, compris de la sorte. »

Maurice Fleuret, « Le métèque du monde entier », Le Nouvel Observateur, no 524, 25 novembre 1974.

Xenakis reçoit la médaille d’or Maurice Ravel de la SACEM.

1975

Juin : « Journées Xenakis » au Festival de La Rochelle, durant lesquelles est créée Empreintes par l’Orchestre philharmonique de la Radio néerlandaise dirigé par Michel Tabachnik.

Été : une « Semaine Xenakis » clôture le Festival d’Athènes, avec une exposition à la Pinacothèque, des conférences de Xenakis et du musicologue Iannis Papaioannou, et trois concerts au théâtre d’Hérode Atticus. le public athénien découvre véritablement la musique de Xenakis jusqu’alors jamais jouée en Grèce (entre autres, Metastasis, Pithoprakta, Achorripsis, Nuits, Polla ta Dhina, Herma, Evryali, Synaphai, Charisma, Anaktoria et Empreintes).

Xenakis est nommé membre honoraire de l’American Academy and Institute of Arts and Letters.

1976

20 février : création de Retours-Windungen à Bonn par les douze violoncellistes de la Philharmonie de Berlin.

28 février : création à Londres de Phlegra par le London Sinfonietta dirigé par Michel Tabachnik.

Février : création de N’shima sous la direction de Juan Pablo Izquierdo au Festival israélien de musique contemporaine « Testimonium » de Jérusalem.

Mars : Xenakis décide de ne pas participer au Festival des Arts de Chiraz; il écrit au directeur du Festival.

11 mars : création de Mikka « S » par Régis Pasquier aux Huitièmes Semaines musicales d’Orléans.

26 mars : création de Theraps au Festival de Royan par Fernando Grillo.

2 mai : création de Psappha par Sylvio Gualda à Londres, lors de l’English Bach Festival. L’œuvre est une commande du Festival et de la Fondation Gulbenkian.

5 mai : création de Khoaï par Elizabeth Chojnacka à Cologne.

18 mai : Xenakis soutient sa thèse de doctorat, Arts/Sciences. Alliages, à l’université de Paris I ; le jury, présidé par Bernard Teyssèdre, comprend Olivier Messiaen, Michel Ragon, Olivier Revault d’Allonnes, Michel Serres. Le texte de cette soutenance sera publié chez Casterman en 1979.

« L’art participe du mécanisme inférentiel qui constitue les planches sur lesquelles se meuvent toutes les théories des sciences mathématiques, physiques, et celles des êtres vivants. En effet, les jeux des proportions réductibles à des jeux de nombres et de métriques dans l’architecture, la littérature, la musique, la peinture, le théâtre, la danse, etc. ; les jeux de continuité, de proximité, dans le temps ou hors-temps, d’essence topologique, se font tous sur le terrain de l’inférence, au sens strict de la logique. À côté de ce terrain, et en activité réciproque, existe le mode expérimental qui dénie ou confirme les théories créées par les sciences, y compris par la mathématique. [...] C’est l’expérience qui fait et défait les théories, sans pitié, sans considération pour elles. Or les arts aussi sont régis d’une manière plus riche et complexe encore, par le mode expérimental. En effet, il n’y a pas, il n’y aura jamais sans doute, de critères objectifs de vérité absolue et éternelle de validité ou de vérité d’une œuvre d’art, tout comme aucune "vérité" scientifique n’est définitive. Mais, en plus de ces deux modes, l’inférentiel et l’expérimental, l’art vit dans un troisième, celui de la révélation immédiate, qui n’est ni inférentielle ni expérimentale. La révélation du beau se fait d’emblée, directement, à l’ignorant du fait de l’art, comme au connaisseur. C’est ce qui fait la force de l’art et, semble-t-il, sa supériorité sur les sciences car, vivant dans les deux dimensions de l’inférentiel et de l’expérimental, l’art en possède une troisième, la plus mystérieuse de toutes, celle qui fait que les objets d’art échappent à toute science de l’esthétique, tout en se permettant les caresses de l’inférentiel et de l’expérimental. Mais d’un autre côté l’art ne peut vivre seulement par le mode de la révélation. [...] il a un besoin impérieux d’organisation (y compris de celle du hasard), donc d’inférence, et de sa confirmation, donc de sa vérité expérimentale.

Pour rendre plus évidente cette trinité des modes de l’art, imaginons que dans un avenir lointain le pouvoir de l’artiste augmente comme jamais auparavant dans l’histoire [...]. En effet, il n’y a aucune raison pour que l’art ne sorte, à l’exemple de la science, dans l’immensité du cosmos, et pour qu’il ne puisse modifier, tel un paysagiste cosmique, l’allure des galaxies. »

Arts/Sciences. Alliages, Casterman, 1979, p. 15-16.

Mai : création à New York, au Carnegie Hall, de Dmaathen (version originale pour hautbois et percussions) par Nora Post et Jan Williams.

Xenakis reçoit le Grand Prix national de la musique du ministère de la Culture.

16 décembre : création à Montréal de Epeï, commande de la Société de musique contemporaine québécoise.

1977

Xenakis reçoit le prix Beethoven de la ville de Bonn, et à Paris le Grand Prix du disque de l’académie Charles-Cros.

Le CEMAMu construit la première version de l’UPIC (Unité polyagogique informatique du CEMAMu).

Avril : à Paris, première française de N’shima par l’Ensemble intercontemporain et Michel Tabachnik, au Théâtre de la Ville, dans le cadre du cycle inaugural de l’IRCAM, « Passage du xxe siècle ».

17 juin : création de Akanthos à Strasbourg par le Studio 111.

21 juin : création de À Colone aux Rencontres internationales de musique contemporaine de Metz.

28 juin : création au Festival de La Rochelle de Kottos, pièce composée pour le Concours international Mstislav Rostropovitch. Xenakis est membre du jury.

Juillet : création de À Hélène au théâtre d’Épidaure par le choeur du Théâtre national de Grèce.

21 décembre : création de Jonchaies à Paris par l’Orchestre national de France dirigé par Michel Tabachnik.

 
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