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Chronologie : 1968 - 1972

1968

Xenakis publie « Vers une philosophie de la musique » dans la Revue d’esthétique, vol. 21, nos 2-3-4 (une première version était parue en 1966 dans les Gravesaner Blätter). Il revient dans ce texte sur la coupure hors-temps/en-temps et explique l’application des rotations d’un cube à la composition de Nomos Alpha.

7 avril : création de Nuits au Festival de Royan, commanditaire de l’œuvre, par les Solistes des choeurs de l’ORTF dirigés par Marcel Couraud. C’est un véritable triomphe.

25-31 octobre : premières Journées de Musique contemporaine, succédant aux Semaines musicales internationales de Paris (SMIP) fondées en 1958.

Quatre journées centrées chacune autour d’un compositeur : Varèse, Xenakis, Berio, Henry.

26 octobre : « Journée Xenakis ».

À 14 heures 30, au musée d’Art moderne de la ville de Paris : entretien-débat avec l’EMAMu.

À 18 heures 15, au Théâtre de la Musique : concert de l’Ensemble instrumental de musique contemporaine de Paris, dirigé par Konstantin Simonovitch, avec Jacques Wiederker (Les Suppliantes en création française, Nomos Alpha, Analogiques A et B, Eonta).

À 21 heures : concert de l’Orchestre national et de la Maîtrise de l’ORTF dirigés par Lukas Foss, des Solistes des choeurs de l’ORTF, avec la sonorisation du GRM : Metastasis, Bohor, Polla ta Dhina en création française, ST — 48 en création mondiale, Nuits.

« Xenakis prend place alors au milieu de la salle pour contrôler de la console électro-acoustique la restitution de son Bohor. Dans l’obscurité totale, se déchaîne peu à peu un tumulte insensé, un déluge sonore absolument insoutenable. [...] À l’entr’acte, on ne parlera plus que du "traumatisme" de Bohor [...]. » Cependant « en quelques minutes, toutes les partitions de Nuits seront enlevées par des auditeurs sans doute avides d’en savoir plus sur "l’homme du jour". »

Michel Granlet, « Le journal des journées », La Revue Musicale. Carnet critique, no 267, p. 16.

« Xenakis "accroche". [...] Tous ces concerts ont fait le plein et certains ont refusé du monde. [...] Le fossé qui, depuis Beethoven, n’a cessé de se creuser entre le créateur et l’auditeur serait-il en passe d’être comblé ? »

Claude Rostand, Le Figaro littéraire, 11-17 novembre 1968.

1969

Louis Leprince-Ringuet accueille l’EMAMu dans les laboratoires de physique nucléaire du Collège de France. Le travail de cette équipe commence à être reconnu.

2 avril : au Festival de Royan, Paolo Bortoluzzi danse une chorégraphie de Béjart sur Nomos Alpha que Xenakis trouve pléonastique.

4 avril : à Royan également, création de Nomos Gamma par l’Orchestre philharmonique de l’ORTF, dirigé par Charles Bruck. 2 juin : création à Ottawa, pour l’inauguration du National Arts Center, du ballet Kraanerg sous la direction de Lukas Foss, avec une chorégraphie de Roland Petit et des décors de Vasarely.

3 juillet : création de Anaktoria par l’Octuor de Paris au Festival d’Avignon.

9 septembre : création de Persephassa par les Percussions de Strasbourg au Festival des Arts de Chiraz.

28 octobre : première française de Persephassa aux Journées de Musique contemporaine.

1970

Exposition universelle d’Osaka : présentation de Hibiki Hana Ma, spectacle de rayons laser avec une réalisation électroacoustique pour bande huit pistes.

« Xenakis constate alors que le rayon de lumière pure, homogène et non dispersé correspond en quelque sorte à la continuité du son. [...] l’éclair du flash serait l’équivalent du pizzicato de corde et le rayon laser celui du glissando. »

Jean Millier, Le Diatope, geste de lumière et de son, CNAC, Centre Georges-Pompidou, 1978.

21 mai : première exécution d’œuvres de Xenakis au Chili : Metastasis et Pithoprakta par l’Orchestre philharmonique dirigé par Juan Pablo Izquierdo au Théâtre municipal de Santiago.

1971

6 avril : création au Festival de Royan de Charisma écrit en hommage à Jean-Pierre Guézec, par Guy Deplus et Jacques Wiederker, et de Synaphaï, par Georges Pludermacher et l’Orchestre de l’ORTF dirigé par Michel Tabachnik.

Mai : concert monographique au Composers’ Showcase du Whitney  Museum of American Art de New York.

24 août : création de Aroura par les Festival Strings et Rudolf Baumgartner au Festival de Lucerne.

26 août : création, au cinquième Festival des Arts de Chiraz, du spectacle Persepolis dans les ruines du palais de Darius.

« [...] cet ouvrage marquera une étape dans l’évolution d’une des pensées spéculatives les plus fermes et les plus générales de notre temps, surtout par l’annexion des grands espaces acoustiques et visuels et par une présence humaine vivante à l’intérieur d’un mécanisme dominé par la logique musicale. »

Maurice Fleuret, Le Nouvel Observateur, 6 septembre 1971.

18 octobre : création de Duel (composé en 1959) à Hilversum par l’Orchestre de la Radio dirigé par Diego Masson et Fernand Terby.

27 octobre : à Paris, création de Mikka par Ivry Gitlis au musée d’Art moderne.

29 novembre : au théâtre de la Ville, concert du Domaine Musical consacré à Xenakis : Herma, Diamorphoses, ST/10, Aroura (en création), Hibiki Hana Ma (version quatre pistes) et Eonta.

Publication de Musique Architecture chez Casterman. Ce livre rassemble des articles parus dans diverses revues.

1972

26 avril : création à Londres de Linaia-Agon dans le cadre de l’English Bach Festival.

Xenakis est nommé membre honoraire de la British Computer Arts Society.

Pour le Festival d’Automne, Michel Guy lui demande un opéra. Réponse :

« Non, cela ne m’intéresse pas, mais je peux faire un spectacle automatique, abstrait, avec des lumières, des lasers et des flashs électroniques. »

« Il faut être constamment un immigré »..., op. cit., p. 114.

Ce sera le Polytope de Cluny, créé le 13 octobre 1972 et présenté jusqu’en janvier 1974, et qui réalisera au total 90 000 entrées. Installé dans les thermes romains de Cluny boulevard Saint-Michel, le dispositif lumineux piloté par ordinateur met en jeu 600 flashes blancs et 400 miroirs destinés à réfléchir les faisceaux de lasers vert, rouge et bleu. La partie sonore est une musique électro-acoustique pour bande 8 pistes réalisée au Studio Acousti.

L’EMAMu devient le CEMAMu, Centre de Mathématique et Automatique musicales. Il dispose d’un convertisseur numérique/analogique construit par Alain Profit au CNET (Centre national d’études des télécommunications).

À la faculté de Musique de l’université de Montréal : « Journées Xenakis ».

Juillet : Xenakis est invité à enseigner aux cours d’été de Darmstadt. Cette invitation sera renouvelée en 1974 et en 1990.

À l’automne, début de la carrière d’enseignant de Xenakis comme professeur associé à l’UER des Arts plastiques et Sciences de l’art de l’université de Paris I. Il met en place un séminaire intitulé « Formalisation et programmation dans les arts visuels et en musique ».

Décembre : voyage à Bali et à Java organisé par Maurice Fleuret (en compagnie de Betsy Jolas, Toru Takemitsu et Marie-Françoise Bucquet).

 
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