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Chronologie : 1922 - 1954

1922

29 mai : naissance à Braïla, en Roumanie, de Iannis, au foyer de Clearchos Xenakis et Photini Pavlou, des Grecs de la diaspora (la date de naissance est cependant incertaine : il pourrait s’agir du 1er juin et, pour l’année, de 1921). Il est l’aîné de trois garçons ; ses frères Cosmas et Jason deviendront, l’un peintre, l’autre professeur de philosophie aux États-Unis.

Son père, fils d’un cultivateur d’Eubée, dirige une agence anglaise d’import-export ; sa mère, bonne pianiste, parle couramment le français et l’allemand. Elle fait cadeau d’une flûte à son fils et souhaite qu’il fasse de la musique. Le couple Xenakis se rend plusieurs fois au festival de Bayreuth dans les années 1920.

1927

Sa mère enceinte contracte la rougeole et meurt après avoir mis au monde une petite fille qui ne survit pas. Les enfants seront élevés par des gouvernantes française, anglaise et allemande.

1932

Iannis quitte la Roumanie pour la Grèce : son père l’emmène au collège gréco-anglais de l’île de Spetsai. À l’éveil du goût de l’adolescent pour les mathématiques et la littérature grecque et étrangère s’ajoute la découverte de la musique.

1938

Automne : Xenakis part pour Athènes, en classe préparatoire au concours d’entrée au Polytechnio (école polytechnique d’Athènes).

Il commence à composer et prend des leçons d’analyse, d’harmonie et de contrepoint avec Aristote Koundourov. Il réalise une transcription géométrique d’œuvres de Bach.

1940

Il réussit le concours d’entrée à l’école polytechnique d’Athènes, mais le jour de la rentrée, le 28 octobre, les troupes de Mussolini envahissent la Grèce et l’école doit fermer. Elle rouvrira puis fermera à plusieurs reprises.

1941

Xenakis s’engage dans la Résistance, d’abord dans un parti de droite, puis il rejoint l’EAM (parti communiste) ; au premier rang des grandes manifestations populaires contre l’occupant, il est plusieurs fois emprisonné, par les Italiens, puis par les Allemands. Ses livres de référence sont à la fois Platon, Marx et Lénine.

1944

12 octobre : les Allemands évacuent la Grèce.

5 décembre : l’armée britannique instaure la loi martiale.

Xenakis s’engage dans un bataillon étudiant de l’ELAS (Armée nationale populaire) ; il commande la compagnie Lord Byron.

1945

1er janvier : un obus anglais frappe l’immeuble que défend Xenakis avec deux autres camarades ; il reçoit un éclat en plein visage, qui lui défonce la mâchoire et lui crève l’oeil gauche. Laissé pour mort, il est transporté par son père à l’hôpital, où il subit de nombreuses interventions chirurgicales.

Mars : Xenakis sort de l’hôpital et reprend ses études tout en menant une activité politique clandestine ; il est incarcéré à plusieurs reprises.

1946

Février : il passe avec succès ses examens terminaux à l’École polytechnique malgré sa vie semi-clandestine.

1947

16 janvier : mémoire de fin d’études sur « Le béton armé ».

Il s’enfuit d’un camp et reste reclus six mois dans un appartement à Athènes.

Septembre : grâce à un faux passeport obtenu par son père, il parvient, sous le nom de Konstantin Kastrounis, à embarquer sur un cargo en partance pour l’Italie. Désireux de se rendre aux États-Unis, il décide de passer par Paris.

11 novembre : avec l’aide de communistes italiens, il franchit illicitement la frontière à Vintimille.

En Grèce, il est condamné à mort par contumace pour terrorisme politique. Son père et son frère sont emprisonnés.

Décembre : Xenakis entre à l’atelier Le Corbusier comme ingénieur, sur la recommandation de l’architecte Georges Candilis.

Il participe à divers projets et réalisations.

1949

Xenakis cherche à étudier la composition avec différents professeurs qui, finalement, ne conviennent pas à sa personnalité : Honegger à l’École normale de musique, puis Milhaud qui remplace celui-ci.

Il s’adresse également à Nadia Boulanger qui se déclare trop âgée pour reprendre les bases d’harmonie et de contrepoint avec lui. Elle lui conseille de prendre contact avec Annette Dieudonné qui l’incite à aller voir Messiaen.

1949-1952

Xenakis écrit vingt-quatre pièces (dont le catalogue a été établi par François-Bernard Mâche), essentiellement pour piano seul, ou bien pour voix et piano.

1950

Xenakis rencontre Françoise.

Il suit les premiers concerts du Groupe de recherche de musique concrète de Pierre Schaeffer et tente en vain de participer à ce groupe.

1951

Il se présente à Messiaen pour lui demander conseil. Celui-ci l’invite à assister à ses cours, que Xenakis suivra régulièrement en 1952 et plus irrégulièrement en 1953. Il y côtoiera entre autres Karlheinz Stockhausen.

1953

À la demande de Le Corbusier, Xenakis organise pour le Congrès international d’architecture moderne (CIAM) un « concert spatialisé » sur le toit de l’Unité d’habitation de Marseille, avec trois sortes de musique en trois points différents de la terrasse (musique concrète, musique traditionnelle de l’Inde et du Japon, jazz).

Août : La Colombe de la paix est jouée au Quatrième Festival mondial de la jeunesse pour la Paix et l’Amitié de Bucarest.

Xenakis se lance dans la composition du triptyque des Anastenaria : Procession vers les eaux claires (achevé début 1953), Le Sacrifice (été 1953) et, enfin, Metastasis (fin 1954).

3 décembre : mariage avec Françoise.

1954

Le Corbusier l’associe comme principal collaborateur au projet du couvent de la Tourette à Éveux-sur-l’Arbresle, dont il a reçu commande deux ans auparavant. Xenakis y travaillera jusqu’en 1957 :

« La forme générale est de Le Corbusier, tandis que la structure interne a été conçue par moi-même, à partir de discussions avec les moines. [...] les pans de verre sous l’alignement des cellules sont quasi exclusivement mon œuvre. Il en va de même pour les chapelles rondes et les "canons de lumière" qui en sortent. Je les ai orientés de manière à capter la lumière du soleil à l’équinoxe. »

Bálint András Varga, Conversations with Xenakis, Faber & Faber, 1996, p. 23.

Xenakis déploie sur la façade ouest la triple rangée des fameux « pans de verre ondulatoires ». Il travaille à la composition de Metastasis dont il conçoit graphiquement les textures de glissandi, selon des courbes paraboloïdes réglées. Deux ans plus tard, il utilisera le même principe en architecture, pour la construction du Pavillon Philips.

23 septembre : après avoir envoyé sa partition de Procession vers les eaux claires — qui lui est retournée —, Xenakis réussit à obtenir un rendez-vous avec Schaeffer, grâce à l’appui de Messiaen. Schaeffer demande à Pierre Henry d’examiner la partition du Sacrifice ; celui-ci la montre à Scherchen lors des répétitions de Déserts de Varèse, répétitions auxquelles assiste Xenakis. Après lui avoir déclaré qu’il ne jouerait pas Le Sacrifice, Scherchen demande à voir Metastasis, qu’il propose sur-le-champ de diriger.

Sur les conseils de Dimitri Mitropoulos, Xenakis envoie également sa partition à Heinrich Strobel, directeur du festival de Donaueschingen qui la programme pour l’automne suivant avec Hans Rosbaud.

 
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